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Jabbour Douaihy

Jabbour Douaihy is a novelist and professor of French literature in the Lebanese University. Among his publications are the novels Rayya of the River, The Forest Soul, and a collection of short stories, Dying between Relatives Is Sleeping, all in Arabic. Autumn Equinox is the first of his novels to be translated into English.

Autumn Equinox

Jabbour Douaihy
Translated from the Arabic by Nay Hannawi

A magnificent contribution to modern Arabic literature.

Jabbour Douaihy's Autumn Equinox is a diary of a young man recently resettled in his Lebanese village after going to college in the United States. It continues from the end of May through the September equinox of 1986, narrating his efforts to remake himself through adjustments to his reading, writing, and eating habits, his dress, his posture, his family relationships, his love life. . . .

The diary begins with a view of an Israeli bombing in South Lebanon and ends with a description of refugee families fleeing to the mountain villages. Otherwise, except for allusions to what is going on in the capital, the Lebanese Civil War is far from the story, although its violence has never been far from this village. America, personified by a Lara who does not answer his letters, is a faraway land of nostalgia. The village is here, at the center of the young man's narration, peopled by comic characters who seem to insist on their own unchanging selfhoods and to resist his attempts to be different.

The Civil War and the Occupation, the author seems to be saying, are not the only sources of turmoil. Violence and revenge have been part of the people's consciousness, and people might indeed need to redefine themselves while at the same time adjusting to the environment.

 

 

« L'âme de la forêt » (Horch Ehden)

Jabbour Douaihy

Les forêts, c'est bien connu, sont pleines de sortilèges. Forêts d'Arcadie, chères à Shakespeare où, rois bannis, cours en exil et amours impossibles puisent les secrets des dénouements heureux ; forêts nordiques de Perrault et d'Andersen truffées de loups, de géants, de sorcières cannibales et de nains qui parlent aux enfants de leurs terreurs premières ; forêts tropicales où les saules, incarnant des grand-mères débonnaires, font bien autre chose que pleurer Domaine initiatique s'il en est, la forêt n'avait encore rien appris aux enfants du Liban, à part une ou deux choses plutôt sordides : que Salomon avait dévasté les cèdres pour en construire un temple, et que nos braves ancêtres les Phéniciens ne s'étaient pas plus embarrassés de considérations écologiques pour bâtir leur flotte. Résultat : faute de parcs ombragés ils héritaient d'un symbole et se contentaient d'ânonner que le cedrus libani dont il ne reste que quelques échantillons, plus un sur le drapeau, était le plus bel arbre du monde. Belle compensation. Mais voilà, l'ère est à la protection de ce qui nous reste de nature. La forêt libanaise, plus menacée qu'inquiétante, n'est plus un univers tutélaire, et l'homme n'a plus qu'à remplacer les ogres pour préserver son environnement.

Les contes, dit-on, parlent des origines. Jabbour Douaihy a imaginé (ou était-ce réel ?) une histoire autour de la forêt d'Ehden qui commence au temps où elle était un «Horch» bruissant de vents violents et de vie sauvage, pas encore une «réserve», triste définition. Il y déploie tous les effets de la tradition orale, de sorte qu'en lisant, on croit entendre, et qu'en s'écoutant lire, on voudrait tout de suite avoir un enfant sous la main pour le voir écarquiller les yeux et dresser les oreilles. Car Douaihy est resté lui-même un grand enfant qui s'en fait encore conter. Ses nouvelles, il les écrit en écoutant les anciens du village ­ la vie réelle fournit tant d'histoires invraisemblables qu'il est inutile de les inventer ­ et son territoire de prédilection reste encore le théâtre. On sait que, professeur de lettres à l'UL, il a passé ses années de guerre à animer des ateliers d'amateurs et à traduire les classiques en dialecte libanais poivré d'accent nordique. D'ailleurs, dans la plupart de ses nouvelles, on entend inévitablement la voix venue de nulle part, indispensable Fantôme du Commandeur sans lequel nul frisson. Cette voix se fait entendre, une fois de plus, dans l'histoire «vraie» de la forêt d'Ehden, à laquelle elle apporte un élément surnaturel.

L'âme de la forêt raconte avec une admirable économie de mots l'aventure d'Amine, un garde forestier qui a choisi ce métier par vocation et par fidélité à ses aïeux : son arrière grand-père avait chassé à coups de crosse des soldats turcs qui tentaient de couper des arbres, son grand-père avait éteint à lui seul un incendie dont il avait gardé des traces de brûlures, et son propre père s'était chargé de l'initier aux secrets du «Horch». Tout au long du récit, le lecteur apprendra à reconnaître les principaux lieux-dits de la forêt, à identifier ses ennemis, et à l'aimer tout simplement.

Un conte simple et manichéen, comme les aiment les enfants, et qui se termine d'ailleurs comme tous les contes : Amine vécut heureux et eut beaucoup de pousses ! Un lexique des «mots difficiles», un questionnaire, une série d'activités et un extrait du décret-loi du 9 mars 1992 sur la protection de l'environnement parachèvent le caractère pédagogique de cet ouvrage à mettre au plus vite entre les mains des vacanciers.

« L'âme de la forêt », prix Saint-Exupéry et prix de l'Environnement

Ce petit livre date, il est vrai, de 1998 où il avait déjà reçu le prix du meilleur livre écologique, décerné par le ministère de l'Environnement.

Jabbour Douaihy s'est vu attribuer, le 17 mai dernier, le prix Saint-Exupéry-Valeurs Jeunesse 2000, dont l'objectif est de récompenser les auteurs des meilleurs ouvrages écrits en français destinés à la jeunesse.

L'âme de la forêt avait été sélectionné parmi cinq ouvrages dont un belge, un tunisien, un québécois et un ivoirien. Au cours de la même cérémonie, dans le cadre solennel du Collège de France, le prix de l'Environnement, décerné par le ministère français de l'Équipement et de l'Aménagement du territoire, a été attribué à l'éditrice, Thérèse Douaihy-Hatem (éditions Hatem) pour le concept et la réalisation du livre, illustré, on ne l'avait pas encore dit, par des écoliers de tout le Liban.

Fifi ABOU DIB

 Article de l'Orient-Le-Jour du 15/06/2000.